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Svpat M...

Un peu d'Histoire: nuit du 4 août 1789.... mais 223 Années après ?

4 Août 2012 , Rédigé par svpat-maah-renaud

Un peu d'Histoire: nuit du 4 août 1789




Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante proclament l'abolition de tous les droits et privilèges féodaux. Six heures à peine de discussions, marquées du sceau de l'enthousiasme et de l'unanimité, suffisent pour abattre tous les cadres sociaux de l'Ancien Régime.

L'été 1789 est une période d'intenses troubles. La prise de la Bastille et la crainte d'une réaction nobiliaire ont provoqué dans les campagnes une « Grande Peur ». Ainsi, en de nombreux endroits dans le royaume, les paysans s'arment, redoutant des attaques de brigands ou de troupes étrangères appelées par le roi pour mettre fin à la « jacquerie ». Chauffés à blanc, nombre de paysans s'arment, pillent des convois de grain et attaquent les châteaux. Ils brûlent les archives, en particulier les « terriers » qui fixent les droits et les propriétés seigneuriales. Parfois, ils maltraitent, violent et tuent les hobereaux et leur famille.

Ces paysans réclament la terre, la fin des privilèges, l'égalité. Cherchant expressément à apaiser la situation, les députés vont se décider à s'engager vers la voie de l'abolition des privilèges.

Le 3 août 1789 le duc d'Aiguillon lança l'idée au Club Breton d'une abolition des droits seigneuriaux.«Le peuple cherche à secouer enfin un joug qui depuis tant de siècles pèse sur sa tête », s'exclame-t-il, « l'insurrection trouve son excuse dans les vexations dont il est la victime ».

Le lendemain, en fin de soirée, Le Vicomte de Noailles propose à l'Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Cette proposition recueillit l’approbation et l’enthousiasme des députés.

Ainsi, tour à tour, dans une ambiance indescriptible, des députés montent à la tribune préciser le cadre de cette abolition. Le Duc d'Aiguillon proposa l'égalité de tous devant l'impôt et le rachat des droits féodaux. Puis, Le Guen de Kerangal, le vicomte de Beauharnais, Lubersac et l'évêque de La Fare surenchériront en proposant et en obtenant la suppression des banalités, des pensions sans titre, des juridictions seigneuriales, du droit de chasse, de l’abolition des privilèges ecclésiastiques.

D'autres archaïsmes comme la corvée obligatoire sont supprimées, de même que des injustices criantes, telle que la dîme ecclésiastique, uniquement payée par les pauvres. Toutefois, certaines autres taxes, comme les cens et les champarts, doivent être rachetées par les paysans. A cette seule réserve, les paysans deviennent propriétaires de plein droit de leurs terres.

À la faveur de cette nuit d’euphorie parlementaire, tous les citoyens sont déclarés égaux devant la loi. Mais cette égalité reste limitée par la propriété et le suffrage censitaire...

Tous les privilèges urbains et provinciaux sont eux aussi abolies. Le centralisme administratif est l’autre grand vainqueur de la nuit du 4 août, qui y gagne une bataille décisive contre les normes et législations locales, qui n’ont désormais plus cours. Seul Paris, depuis cette date, fait loi sur le territoire national.

Les jours suivants le clergé essaya de revenir sur la suppression de la dîme mais le président de l'assemblée Le Chapelier n'ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août furent définitivement rédigés le 11. Louis XVI n'accordera sa sanction à ces décrets que contraint le 5 octobre.

Afin de donner corps à cette abolition, les députés vont dès lors œuvrer à la rédaction d'une déclaration des droits : la fameuse Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789.


 

Un peu d'Histoire: nuit du 4 août 1789.... mais 223 Années après ?


 

223 ANNÉES APRÈS : « LA NUIT DU 4 AOUT : FIN DES PRIVILÈGES !!! »


Les privilèges ont été abolis, grâce à l’intervention du peuple. Si la chose a été possible en 1789, pourquoi ne le serait-elle plus aujourd’hui ? Si les inégalités s’accroissent, c’est bien parce qu’existent de nouveaux privilèges. Une nouvelle Nuit du 4 août reste donc à faire !!!

La Révolution française, et en particulier l’accélération qu’elle connaît au cours de la nuit du 4 août 1789, reste une des principales illustrations du poids que pèse le peuple dans l’Histoire, et son rôle dans l’amélioration des conditions de vie.

Alors que l’on vend au quotidien l’Histoire des princes et des élites, que l’on peint les tableaux de quelques individus fortunés qui, frappés par le bon sens ou motivés par la charité chrétienne, ont aidé le bas peuple par excès de générosité ; quant est il de l’Histoire des mouvements populaires ?

Qu'en est-il de toutes les femmes et les hommes qui n’auront jamais leur nom dans les livres ? De tous ces inconnus qui fondent l’immense masse de la population, et qui sont le moteur de tous les profonds changements de l’Histoire.

Ces masses « incontrôlables » qui font « peur ». Qui ont fait peur en 1789, en 1917, en 1936… A qui font-elles peur ? Aux nantis, aux privilégiés, à ceux qui savent que lorsque le peuple réclame son dû il n’est d’autre choix que de lâcher du leste vers cette idéal fou qu’est l’égalité…

Depuis quelques semaines, les conditions matérielles et historiques sont plus propices à l »’émancipation humaine. Mais nous savons d’or et déjà que l’exploitation de l’Homme par l’Homme ne s’arrêtera pas d’elle-même, et qu’elle ne craint pas la seule bonne volonté d’un gouvernement de gauche. Elle ne craint qu’une chose, la mise en branle des peuples qui cherchent à faire un pas de plus vers la liberté comme il y a maintenant 223ans.

 



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