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Svpat M...

Parce que ca ne fera très certainement pas la UNE de Telé Bouygues et les yeux doux de Jean-Pierre Pernaut

26 Octobre 2011 , Rédigé par svpat-maah-renaud

 

http://www.leparisien.fr/images/2011/10/26/1685945_fe5fb00c-ff58-11e0-9d66-00151780182c_640x280.jpgSi Marcel Chauvin, ancien syndicaliste CGT de l’usine Renault de Flins-sur-Seine, parle aujourd’hui c’est pour, dit-il, « empêcher que cela ne recommence avec les jeunes ». Ce retraité vient de gagner contre la direction de la marque au losange un combat juridique de plus de dix ans. Le tribunal de prud’hommes a en effet reconnu que l’engagement syndicaliste de cet homme, âgé aujourd’hui de 67 ans, lui avait coûté en grande partie une carrière qui aurait pu être prometteuse. En guise de dédommagement, il a obtenu pas moins de 250000 €, une somme record.

Pour Marcel, tout commence en 1963. A l’époque, Renault Flins recrute pour produire la célèbre R8. Il rentre sur les chaînes âgé d’à peine 18 ans. En 65, il s’inscrit aux cours du soir, en français et en maths, afin d’avoir le niveau de connaissances suffisant pour grimper les échelons en interne.

« Scotché » au poste de P2

« J’étais très confiant, il y avait des opportunités incroyables à l’époque », se souvient le cégétiste. Le syndicat, c’est en 1966 qu’il le rencontre. « Des amis m’avaient dit de me mettre sur la liste en m’assurant être en position non éligible. Mais la CGT a gagné des sièges et j’ai été élu. » Et puis… plus rien. Ou presque. Durant toute sa carrière, là où ses amis et collègues franchissent les échelons pour grimper jusqu’au poste de cadre pour certains d’entre eux, lui restera « scotché » au poste de P2, à peine un cran au-dessus du niveau le plus bas de tout l’organigramme.

Marcel n’y pense pas trop à l’époque et se bat sur tous les fronts avec la CGT : « J’aimais ça, l’engagement. » Dans les années 1990, quelques jurisprudences changent la donne. L’employeur peut alors être amené à devoir se justifier sur le cas de salariés n’ayant pas progressé dans l’entreprise. Du côté de la CGT Flins, on monte les dossiers des syndicalistes discriminés, 89 exactement. Entre 2001 et 2007, 67 d’entre eux font l’objet de transactions avec la direction.

Mais le cas de Marcel n’est toujours pas d’actualité : « Pour moi aussi, j’ai lancé la procédure en 2001. En 2005, on m’a proposé 15000 €, une somme ridicule si on mesure le préjudice. » Le dossier arrive donc au tribunal de prud’hommes en 2007. En 2009, un expert est chargé de chiffrer ce préjudice. Le chiffre tombe durant l’été : 250000 €. Renault ne fait pas appel, Marcel vient de gagner son combat, celui d’une vie : « A ce moment-là, j’ai eu besoin de m’asseoir. Aujourd’hui, je vais surtout pouvoir m’occuper de mes enfants et voyager aussi. »

Contactée, la direction a simplement déclaré qu’aucun commentaire ne serait fait concernant une décision de justice.

Le Parisien

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