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Chez Dédé, la plage abandonnée, l'Art de vie marseillais sacrifié

26 Mai 2012 , Rédigé par svpat-maah-renaud Publié dans #Ca me révolte :

 

 L'ancien restaurant n'est qu'à moitié démoli et constitue un vrai danger dans une calanque à la triste allure

La calanque de la Bonne Brise où le restaurant

La calanque de la Bonne Brise où le restaurant "Chez Dédé" était une institution est devenue une sorte de "no man's land" avec la carcasse de l'établissement encore debout, des gravats et des ordures à l'intérieur, une terrasse branlante et pas le moindre périmètre de sécurité ou de parpaings pour empêcher qu'un baigneur se blesse.

Photo Philippe Laurenson

 

 

 

Comment vous dire, pour moi c'est une amputation !" Chantal porte haut ses seins bronzés et ses opinions. Sur le sable gris de "Chez Dédé", à la Madrague-de-Montredon, elle contemple désolée la carcasse du restaurant où elle a commandé des pizzas durant des années. "C'était l'âme du quartier, reprend Angèle, une de ses amies, allongée près d'elle. Avec l'éclairage, on pouvait se baigner jusqu'à 2 heures du matin. Si encore ils avaient vraiment démoli. Mais là, c'est la zone." Le mot est juste, "Chez Dédé", c'est la plage abandonnée.

 

Commencé en novembre, le démontage du restaurant mythique qui n'avait plus l'autorisation d'occuper le domaine maritime a cessé après des procédures des voisins au-dessus de la plage lorsque de l'amiante a été mis à nu dans le toit du bâtiment. Auparavant, l'inspection du travail s'en était mêlée pour vérifier si les ouvriers étaient bien déclarés.

"En avril, nous avons vu des hommes en combinaison spatiale débarquer pour retirer l'amiante et depuis
plus rien", raconte Paule, dans sa villa qui domine les murs du resto et la plage. Nous avons lancé un appel au préfet de région et au député sortant, Dominique Tian, pour qu'ils lancent une procédure d'urgence avec un arrêté de péril."

L'ancien propriétaire des lieux ne paye plus les 160 000 euros du chantier de démolition qui doit se faire en amenant une barge."En attendant, les lieux sont squattés, on y fait du feu et c'est un véritable danger pour tous ceux qui fréquentent la plage", explique Jojo, une des cabanonnière attablée sur la terrasse du fond de la crique, là où les petites bâtisses ont encore un statut précaire d'occupation du domaine maritime. "De plus, comme les jeunes qui viennent là croient qu'on va aussi nous démolir les cabanons, ils taguent, ils dégradent, ils font des barbecues. Il y a un SDF qui vit sous la tente mais lui, il pêche, il ne fait de mal à personne."

Et ce lieu où naguère des dizaines de familles pique-niquaient le soir avec les éclairages de "Chez Dédé" et des lampes de camping prend chaque jour plus des allures de terrain vague."Une équipe de nettoyage est venue, ils n'ont quasiment rien fait, reprend Chantal. Regardez l'état des lieux ! " Rien n'est muré et il n'y a même pas de périmètre de sécurité. Pour les cabanons au pied de l'escalier d'accès qui, eux, sont en pleine propriété, sur des terrains acquis à la Ville comme pour tous les nostalgiques et les nouveaux baigneurs qui viennent là, c'est inacceptable.

 

"Faudra-t-il qu'un enfant se blesse grièvement dans les gravats pour agir, martèle un baigneur. On prépare Marseille 2013 en créant des verrues, des "no man's land" au lieu de libérer le bord de mer." Et là où un haut-parleur lançait jadis un "La moitié-moitié de Fanny est prêt" tonitruant qui faisait de chacun la star de la plage, un couple venu d'Avignon pour retrouver le restaurant de leurs premiers amours se désole devant les murs noircis et les ordures qui s'amassent

 

Chez Dédé, un art de vivre disparu

 

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